Le dernier rapport de recherche du Crédit Agricole Private Banking ‘Macro Comment – Lebanon Update’ a remarqué que les taux de l’emploi ont augmenté au Liban en dépit d’une faible activité économique.

Le centre ville de Beyrouth. Photo Bertil Videt

“Les chiffres de l’emploi au Liban ont augmenté malgré la baisse des données de PMI résultant de la baisse de niveaux de production et du volume des nouvelles affaires. Ces niveaux de PMI ont conduit également à une baisse des prix des intrants et des coûts de la main-d’œuvre, ce qui a abouti à une diminution des prix fixés par les entreprises”, a déclaré Dr. Paul Wetterwald, Chef-économiste de Crédit Agricole Private Banking.

Le PMI pour le mois de février au Liban était encore une fois en dessous de la barre des 50, étendant sa tendance baissière pour le vingtième mois. La plupart des chiffres sont en dessous du seuil de contraction/ d’expansion. A 48.7 le rythme de contraction s’est accentué depuis janvier (49.5).

Le message transmis par cet indice est différent des estimations de la croissance du PIB délivrées par la Banque du Liban en 2014 (près de 2%) et des prévisions du FMI pour 2015 (2.5%).

“On remarque en outre que le Liban échappe à la récession et mise sur le rattachement de sa monnaie au dollar américain. Rappelons-nous que le système de change de la Banque du Liban (BDL), en droit et en fait, est un système flottant. Le taux de conversion de la livre libanaise en dollar américain évolue de facto dans une marge très étroite. Nous pouvons parler dans ce cas d’un accord de change stabilisé, adoptant un ancrage de la livre libanaise par rapport au dollar. Il est bien connu qu’en dépit des interventions quotidiennes, la BDL ne publie pas les données d’intervention.

Profitant de l’ancrage de la livre libanaise au dollar américain, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires ont contribué à la diminution du taux d’inflation globale au cours des derniers mois. Ce dernier est retombé à -3.8% en glissement annuel en janvier, mais il reste à savoir si cela persistera jusqu’à la fin de l’année.” a ajouté Dr. Paul Wetterwald.

En supposant que le prix du pétrole (WTI) à la fin du mois de décembre 2015 sera le même qu’aujourd’hui, la variation d’année en année exprimée en dollars américains passera de -50% à -4%. En d’autres termes, le pétrole contribuera positivement à l’inflation au Liban avec un taux de change constant.

Place de l’étoile, Beyrouth.

Tenant compte du taux de change de la livre libanaise et de la variation des prix des denrées alimentaires en dollars américains, cela permet de calculer le taux de change annuel des prix des denrées alimentaires en monnaie locale puis de le comparer à l’inflation. A supposer que le taux de change et les prix des denrées alimentaires en dollars américains resteront les mêmes jusqu’en décembre 2015, cela résultera en une variation annuelle des prix des denrées alimentaires qui sera légèrement supérieure au changement le plus récent. Cette hypothèse est illustrée dans le graphe ci-dessous par les valeurs en pointillés d’ici décembre 2015. La différence positive entre le taux actuel des variations des prix des denrées alimentaires et le taux de décembre signifie que les prix des denrées alimentaires contribueront à l’inflation.

Dr. Paul Wetterwald a en outre noté “Compte tenu de l’avantage découlant de l’existence de cet ancrage, notamment de l’apport d’un élément de stabilité face à des perspectives économiques très incertaines, on ne peut s’empêcher de se demander si ce mécanisme est compromis. Nous devons noter tout d’abord que le Liban n’a pas demandé l’aide du FMI pour lui fournir de la monnaie étrangère durant la dernière crise. En outre, la dette publique continuent de croitre. Cependant, le montant de la dette publique libellé en devises étrangères s’est stabilisé depuis mai 2013. En comparant le montant des réserves de change détenu par la banque centrale aux métriques “traditionnelles” pour évaluer la solidité de la position libanaise, nous remarquons que les perspectives ne sont pas préoccupantes.”

Selon la Banque du Liban (BDL), “la dette publique augmenterait à nouveau d’environ 4 milliards de dollars américains en 2015. Le ratio de la dette publique par rapport au PIB est passé de 130% à près de 143%”.
Comme indiqué sur le graphe ci-dessous, le niveau des réserves dépasse largement les différentes variables prises en considération, à savoir la valeur de trois mois d’importations, 20% de l’agrégat monétaire M2 et 100% de la dette publique en devise étrangère.

“L’économie libanaise a affiché quelques chiffres encourageants, grâce à la hausse des chiffres d’emploi, au recul de l’inflation globale et aux réserves de monnaies stables. Malgré ces aspects positifs le Liban fait toujours face à plusieurs défis, les indicateurs économiques tels que les données PMI sont toujours faibles”a conclu Dr. Paul Wetterwald.

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